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Jean-François Chantaraud

Le Président Hollande à la rencontre de la France

Votre vision de la société et de l'entreprise en 1 phrase
Le Président Hollande à la rencontre de la France
L'essentiel de votre point de vue en quelques lignes
L’élection ne suffit pas à faire un pacte social. Entraîner un peuple suppose d’en connaître les rouages. François Hollande est élu par la conjonction de trois phénomènes, dont un seul le rend mieux synchrone avec la société que ne l’étaient ses prédécesseurs. 
Le diagnostic que vous portez sur votre environnement professionnel, sur votre secteur d'activités, sur la place de la France en Europe et dans le monde
Pour faire entrer la France dans une nouvelle ère, un chemin est possible bien qu’étroit et nécessitant un fin pilotage.


Sortez les sortants !
Les pistes que vous proposez pour développer ensemble la cohésion sociale et la performance durable
Les insuffisances des pouvoirs publics sont chaque jour plus visibles : déficits publics, chômage, empreinte carbone, l’immigration illégale, paupérisation, système de santé, de retraites … Aussi, dans toute élection, à compétences égales, le prétendant peut n’être qu’observateur des lacunes de l’autre et se trouve donc en situation favorable. Après dix ans de pouvoir, sauf à affirmer son impuissance à court terme sur des phénomènes profonds, la justification était donc ardue pour l’équipe de Nicolas Sarkozy. Or, pour rester aux commandes, la défense de son bilan était un prérequis à la défense de son projet. Inversement, l’équipe alternative en 2012 a quitté le pouvoir depuis dix ans. Sans passé, elle n’a pas encore de passif. Si elle a eu du temps pour penser l’avenir, attaquer le passé pouvait suffire.

En 2007, bien que faisant partie de l’équipe sortante, Sarkozy était parvenu à en dissocier son image. Mais devenu chef d’équipe, il n’a plus cette possibilité en 2012. Premier avantage à Hollande.


Le système politique français oblige à maîtriser son parti


La deuxième prévalence pour François Hollande est propre au système politique français actuel. Aux Etats-Unis, le rôle des Présidents de partis consiste à organiser les primaires, sans avoir la possibilité de se présenter. Ce positionnement neutre du Président permet l’objectivité des primaires et garantit l’égalité des chances entre toutes les candidatures.

En France, depuis la naissance de la cinquième République, les chefs d’Etat successifs ont tous non seulement dirigé, mais aussi créé leur propre parti, organe personnel de conquête du pouvoir. Seule l’inéligibilité d’Alain Juppé, le créateur de l’UMP, a permis à Nicolas Sarkozy d’obtenir l’investiture pour l’élection présidentielle. Le Président de parti par défaut qu’il est ne maîtrise pas totalement l’appareil qu’un autre a installé avec ses propres réseaux.

En 2012, les écuries des éléphants du PS, Strauss Kahn et Laurent Fabius, ne pouvaient plus miser sur l’échéance suivante pour l’emporter et Martine Aubry, qui n’a été Premier secrétaire que pendant quatre ans, n’a pas eu le temps de bâtir une communion d’intérêts avec le tissu des barons locaux. Or, François Hollande a été Premier secrétaire pendant près de douze ans : il maîtrise l’appareil pour en avoir constitué et animé les réseaux entre 1997 et 2008.

A gauche, François Hollande tient ainsi toutes les composantes du PS, tandis qu’à droite, Nicolas Sarkozy n’a pas complétement réussi à imposer son autorité aux différents courants de l’UMP. D’où son incapacité à remplacer François Fillon au poste de premier ministre, pour éviter qu’il ne devienne instantanément une alternative à sa propre candidature à droite.


La sacralité du chef dans l’èthos français


Peu protégés par leur propre camp qu’ils maîtrisaient mal, les deux protagonistes de 2007 étaient contraints à l’occupation du terrain, en démontrant sujet par sujet à chaque fraction de l’électorat qu’ils détenaient les meilleures solutions. Cet assujettissement aux contingences du quotidien les a fait descendre dans l’ordinaire : vouloir traiter les problèmes des gens en étant garant à titre personnel de l’Etat providence qui donne à chacun droits et passe-droits.

Or, en France, depuis Pépin le Bref, le chef de l’Etat est sacré : le détenteur du pouvoir temporel occupe le siège du pouvoir spirituel. C’est pourquoi, à nouveau, la constitution de la Vème République tente de dissocier les deux pouvoirs : à l’Elysée les orientations stratégiques, à Matignon les déclinaisons opérationnelles. Pour les Français, le Président est celui qui doit donner les clés de la cohésion sociale et de la performance à long terme. A lui la responsabilité du rappel des valeurs, et non celle de la résolution des problèmes.

Nicolas Sarkozy n’est pas entré dans ce rôle. A l’inverse, fort de l’allégeance des barons de presque toute la gauche, François Hollande était libre de s’extirper de la pression des réalités immédiates pour s’élever dans le spirituel. Ainsi, il rencontre la France en quête d’un chef d’Etat sacralisable. Pour nombre de Français, son projet est donc secondaire au moment du vote.


Du discours à la pratique : le gouffre reste à combler


L’équipe entrante doit à présent s’assurer que les valeurs annoncées seront bien vécues : passer du rêve à la réalité. Or, Appliquer le dogme est autrement plus compliqué que de faire de bons discours. Cela suppose un processus légitime d’évaluation de chaque personne, chaque fait, chaque idée. Aussi, François Hollande partage-t-il avec tous les dirigeants de toutes les organisations publiques et privées la responsabilité d’inventer de nouveaux modes de production de diagnostics mieux partagés et de définition de projets plus pertinents et engageants.


Demander à chaque citoyen de regarder la France dans les yeux


Mais au niveau de la France, la prise en main des périls suppose de traiter une crise encore plus profonde : la crise culturelle. En effet, la France qui pense avoir gagné les deux guerres mondiales, qui vénère les Louis IX, François 1er, Louis XIV ou Bonaparte qui ne sont que de brillants perdants est-elle prête à se regarder en face ? Il faut pour cela un dispositif puissant de mise en commun des savoirs, des idées, des énergies. L’enjeu consiste donc à élaborer une méthode de réflexion collective coordonnatrice des envies de travailler ensemble, de vivre ensemble et d’être ensemble. En conjuguant le règne du pensé avec la force de l’Etat centralisateur, une telle gouvernance serait capable de prolonger le génie français pour le bien de la France, mais aussi pour celui de la société mondiale. Le futur proche nous dira si François Hollande et son équipe en ont l’envie et la compétence.


 
Contributeur : Jean-François Chantaraud

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