Comprendre et développer
la Personne, l'Entreprise, la Société
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Le Co-développement de l'Afrique subsaharienne
Exposé des motifs

Un constat, un diagnostic, une proposition, une méthode

Un constat : l’intégration mondiale dans la société globale

 
Cinq phénomènes se conjuguent qui bouleversent la société mondiale actuelle et posent la question du lien social global, comme de sa relation avec notre propre société et sa cohésion :
 
  1. L’accroissement et le vieillissement de la population : la population mondiale est de plus en plus nombreuse et âgée, passant d’un milliard en 1800 à près de 7 milliards aujourd’hui. Il est plus difficile d’approfondir les liens sociaux lorsque nous sommes plus nombreux et que les flux migratoires s’intensifient.
  2. L’épuisement des ressources naturelles : nous entrons dans la période des actifs naturels rares. Eau, air, sols, sous-sols et leurs issues deviennent des denrées contestées dont les prix risquent d’exploser. La conflictualité internationale en sera impactée.
  3. L’intégration de la planète : l’immédiateté en est la caractéristique nouvelle. Les nouvelles technologies autorisent un accès instantané, distant et permanent à l’ensemble des informations disponibles dans le monde entier. Elles abolissent à la fois les frontières temporelles et spatiales du vécu collectif. La rapidité et la faiblesse du coût des transports achèvent de tisser une étoffe sociale, culturelle et politique serrée. Cette évolution n’empêche pas les incompréhensions et les malentendus de s’aggraver.
  4. L’instabilité : l’émergence de nouvelles grandes puissances économiques et politiques bouleverse des équilibres bien établis et génère tensions comme frustrations de toutes parts. Le nouveau G20 ne remplace pas à l’identique le duopole soviéto-américain de la guerre froide. La complexité et la taille des marchés rendent les situations économiques et financières structurellement instables, affaiblissent la capacité à projeter des visions et à créer du sens. La validité et la soutenabilité des modèles économiques et de protection sociale qui ont généré de la prospérité tant dans les pays en développement que dans le monde industrialisé sont mises en cause, sans que les alternatives soient claires.
  5.  L’accroissement des savoirs, leur fragmentation et l’immensité du monde : dans toutes les disciplines, les connaissances se multiplient, se précisent et se fragmentent, de sorte que personne ne peut plus devenir expert de tous les sujets. Les grandes figures intellectuelles d’autrefois comme Pythagore, Léonard de Vinci ou Erasme, ont disparu, laissant la place à des expertises partielles, qui n’englobent pas la totalité du réel. La difficulté de la synthèse accroît les périls et génère des risques de crise de plus en plus élevés. En somme, les informations, les personnes et les richesses circulent de plus en plus vite, dans toutes les directions, et aucune institution ne peut maîtriser totalement ces flux. Les grands débats de société n’ont pas lieu car la pensée est compartimentée en silos.
Une conséquence
 
Face à cette accélération de l’histoire, les sociétés locales s’ouvrent les unes aux autres, non sans heurts, et s’insèrent dans une société globale dépourvue de cohérence et de cohésion. Cette absence de sens collectif invalide la plupart des tentatives de régulation, qui se révèlent jusqu’ici inefficaces. Les systèmes de gouvernance traditionnels sont débordés et ne peuvent que constater leur impuissance. Faute d’une coordination efficace d’initiatives éparses, la société globale demeure incapable de traiter les grandes problématiques sociales, environnementales, énergétiques, sanitaires, culturelles… Il y a bien intégration mondiale, mais pas encore de société globale.
 
Une proposition
 
L’objectif du processus que se propose d’enclencher l’Odissée n’est pas de réformer la gouvernance mondiale, bien que cela soit indispensable. Elle consiste à essayer de penser la société mondiale en tant que société en construction, de réfléchir au lien social, et à l’articulation des intérêts, des solidarités et des cultures entre le local, le national, l’européen et le global. Elle tentera de dégager un sens ou des sens aux temps que nous vivons et à imaginer comment construire ensemble un monde plus harmonieux – à dix milliards de personnes.
 
Une méthode
 
La méthode que l’on se propose de suivre consistera à comprendre la nature des sujets en cause, dresser une cartographie des perceptions tant nationales qu’internationales et à identifier des cheminements sociaux, politiques, institutionnels et culturels pertinents pour notre monde. Les transformations que devra s’imposer ou qui s’imposeront dans notre propre pays seront aussi au cœur de la réflexion : quelles politiques publiques, quelles transformations des mentalités, quels changements des rapports sociaux sont nécessaires pour mettre à niveau notre propre société, et l’Europe, face à ces défis ? En bout de chaîne, que doit-on faire et que dire à nos propres concitoyens ?
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