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Tribune Tanguy du Chéné  

La réflexion présentée dans "L'état social" repose sur l’observation et la compréhension de faits structurants. L’analyse quantitative d’indices statistiques pertinents sur nos régions françaises met en évidence une étroite corrélation entre la qualité du lien social et le niveau de performance. L’analyse qualitative révèle clairement que la gouvernance d’une région, mais aussi d’une organisation, d’un territoire ou d’une entreprise, est la clé d’une dynamique de renforcement conjoint des performances et du lien social.

Il s’agit pour nous de mettre en œuvre une méthode de réflexion collective et individuelle dans le respect de la diversité des personnes, des faits et des idées. Le temps est compté car nous vivons un big-bang civilisationnel considérable.

En effet, le monde a connu deux grandes révolutions et nous sommes en train d’en découvrir une nouvelle. Et à chaque bouleversement, à chaque révolution son monde d’inquiétudes. La première se situe au moment où nous sommes passés de l’oral à l’écrit. Souvenons-nous des fulminations de Socrate contre l’écrit qui, disait-il, allait abêtir les hommes parce qu’ils cesseraient d’exercer leur mémoire. Et pourtant, avec l’écriture arrivent la géométrie, la démocratie et les religions du livre.

Ayons en mémoire le moment où nous sommes passés du stade de l’écrit à l’imprimé. Là aussi, les réactions des institutionnels furent violentes et pourtant cette transformation, en élargissant la diffusion et l’échanges des savoirs, a donné lieu à l’émergence de l’humanisme, du protestantisme et d’un enchainement de découvertes et d’avancées dans tous les domaines : physique, mathématique, astronomie, médecine, chimie, biologie, technologie, …

Aujourd’hui, nous vivons une troisième révolution, la bascule de l’imprimé vers le numérique. Nous vivons dans l’ère du maintenant. Toutes nos vieilles institutions sont à repenser, à reconstruire. Une nouvelle université, un nouveau parlement, un nouveau droit, une nouvelle entreprise. Ce n’est pas un chambardement, c’est une révolution.

Notre ambition, à nous, militants de l’Odissée est de contribuer à l’organisation du dialogue et de l’intelligence sociale dans ce monde en totale transformation. Mais pas d’avancées sans de nouveaux outils, de nouvelles méthodes pour permettre à chacun de s’exprimer, de s’ordonner.

Que le délégué général de l’Odissée Jean François Chantaraud soit remercié pour sa réflexion innovante et décapante, son travail acharné sans lequel ce travail n’aurait pu voir le jour. Hommage  lui soit rendu. Que son équipe soit également louangée pour avoir suivi le rythme de construction de ce document. Enfin pour la partie quantitative, un grand coup de chapeau à notre administrateur-trésorier «  statisticien » Jean Pierre Revoil.

 

Tanguy du Chéné

Président du Conseil d’Administration de l’Odissée[1]

 
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